jeudi 2 mai 2013

Mes suggestions de nouvelles règles pour les partis politiques

  • Tous les comptes des partis politiques doivent être mis en fidéicommis au DGE qui y voit toutes les transactions. Les partis ne pourraient dépenser que par le biais de ces comptes. Un compte par comté et un national.
  • À la création d’un parti politique, on obtient un compte et on dépose de l’argent dans ce compte.
  • Tous les dépôts à ces comptes doivent être appuyés par des reçus et justificatifs sinon, ils sont gelés immédiatement et saisis si aucune preuve adéquate n’est fournie.
  • Aucun argent comptant pour payer quoi que ce soit n’est toléré.
  • Si des comptes privés ou public sont utilisés pour des fins des partis politiques, saisie immédiate de ces comptes.
  • Les paiements émis par les partis politiques doivent tous passer par le DGE, chèques ou virements électroniques, en provenance des comptes en fidéicommis chez le DGE.
  • Toute personne qui produit du matériel publicitaire ou qui offre des services aux partis politiques doit être payé par le biais d’un chèque officiel ou d’un virement officiel sous peine d’amende pour le parti et pour celui qui reçoit l’argent. Passible de prison pour les deux pour des montants excédant 200 $. La peine est de 1 jour pour moins de 1000$, et un jour par tranche de 1000 $ par la suite avec amende équivalente.
  • Quand le plafond des dépenses est atteint pour un des partis, les comptes sont gelés par le DGE.
  • Un financement publique des partis doit être envisagé pour aider la démocratie à survivre
  • Les mêmes règles peuvent être étendues au municipal.

mercredi 21 novembre 2012

Rogers Un service d’aliéné pour un peuple assimilé?

J’ai eu, au cours des dernières années, la chance (malchance) de me frotter aux services de ROGERS en français. Déjà peu renommé, peu importe la langue, celui en français est une blague, une insulte.
Il faut savoir que, officiellement, Rogers a plus de 3 400 employés au Québec. Et je vous l’annonce, aucun dans l’équipe technique ne parle français à un niveau adéquat pour servir un francophone qui tient son bout (selon mon expérience).
Histoire courte : Je vous évite les deux premiers mois de discussion. Donc, après 60 jours d’échanges avec eux…
Je contacte le service Rogers et demande le service en français. Un message d’attente en anglais me fait patienter. Une personne me répond, en anglais. Je demande un service en français, on me dit d’attendre. 23 minutes plus tard, on me répond en franglais.
Bref, je vous évite la discussion de plus de 30 minutes ou j’ai dû ‘switcher’ en anglais à plusieurs reprises pour être compris. On me promet une réponse dans les 48 heures suivantes.
Évidemment, rien. Je recontacte le service ROGERS 14 jours plus tard, même manège, message en anglais, attente... On me dit qu’on m’a déjà répondu par courriel. Courriel que je n’ai jamais reçu. Évidemment, Poirier pour un Anglo, c’est PORIER… Je n’ai pas reçu le courriel suivant qui m’a été retourné par l’agent de service à la clientèle :
‘’ (219057) EMAIL SENT TO patrice.porier@xxxxxxxx.com | 2012-10-15 | 20:45:27 | TWILLIAMS Bonjour Patrice, Nous avons trouve le raison de tes problmes de connections ces parce-ce le tour que ton appareil est entrain de safficher cest environ 5 km de vous.
Nous sommes entrain dinstaller un nouveaux tour pour le rgion avec le nouveaux tour tu va voir un amlioration de connection. Si tous va sur plan le nouveaux tour sera actif la fin de lanne Salut Tony’’
 
Après discussion avec l’agent que j’ai en ligne, je découvre que non seulement ce message est complètement absurde dans sa forme, il est faux. Ce n’est pas vrai qu’ils sont ‘entrain dinstaller un nouveaux tour pour le rgion’.
 
Je demande à parler à un superviseur. On me dit qu’un superviseur va me recontacter mais que malheureusement, il n’y en aucun qui parle français (!!). Je vous rappelle qu’ils ont plusieurs centaines de milliers de clients au Québec.
J’accepte de me faire recontacter en anglais uniquement pour pouvoir leur dire ma façon de penser. Aucun rappel dans les 4 heures comme promis. J’ai reçu un retour d’appel le lendemain. J’étais en réunion et j’ai demandé un rendez-vous téléphonique le surlendemain à une heure précise. Mon interlocuteur accepte, il doit me rappeler à l’heure convenue. J’attends encore…  
Un cauchemar de vaincu. Une vraie image de ce que nous représentons pour le reste du pays. De pauvres cons francophones qui devraient parler la langue du dominant. Ils fouillent dans nos poches sans aucune retenue, aucun respect.
Essayez de faire la même chose à Toronto. Essayez juste un mot en français avec un anglophone. Juste un.
Rogers Wireless, ça fait trop mal… Je ne peux me pencher davantage.
Le pire dans tout ça, c’est qu’il y aura toujours des francophones pour les défendre. ‘Oui mais ils ont essayé…’
Il est vraiment temps qu’on se lève et qu’on se tienne droit, digne.

samedi 21 juillet 2012

Souverainistes et nationalistes: réfléchissons


Depuis quelques semaines, le débat est lancé et nous constatons que certains électeurs souverainistes ne veulent pas voter au parti québécois. Certains n’aiment pas la chef, d’autres la stratégie sans compter ceux et celles qui ne les trouvent pas assez à gauche... Ou à droite!

Nous ne sommes malheureusement pas dans un système politique à deux tours. Dans un tel système, nous pourrions exprimer une opinion plus précise dans le premier tour, pour ensuite nous rallier au second tour avec la ou le candidat le plus près de notre idéologie.

Imaginons une élection à deux tours. Sans aucun doute que Pauline Marois et Jean Charest seraient les candidats retenus pour le second et dernier tour. Nous devons réfléchir comme si nous étions au second tour.

Alors, votez maintenant. Vous avez le choix entre ces deux personnes. Laquelle des deux voulez-vous au pouvoir? Ou encore, laquelle des deux ne voulez-vous pas comme premier ministre?

Si ça vous est égal que Jean Charest soit élu, alors votez comme vous voulez. Si c’est impossible pour vous d’imaginer l’avoir comme votre premier représentant pour les 5 prochaines années, alors, vous n’avez pas le choix.

Le temps de la réflexion tire à sa fin. Si vous votez pour Option nationale, ou QS, vous votez pour Jean Charest et ce qui va avec. Vous devrez aussi vivre avec cette décision quand vous lirez les scandales qui se poursuivront, quand vous verrez les bateaux partir avec nos ressources, quand vous entendrez sonner la caisse du PLQ et quand vous nous verrez toujours disparaître davantage.

Si ON était en avance dans les intentions de vote sur le PQ, nous devrions nous ranger derrière eux pour changer les choses. (Ce n'est pas la même chose pour QS, après lecture complète du programme de QS, je ne peux les appuyer, car je ne tends pas vers le marxisme). Ce n’est pas le cas. Nous ne pouvons laisser s’infiltrer la corruption davantage sans réagir. Ça détruira notre pays pour longtemps et encouragera le cynisme ambiant.

Le PLQ tentera de faire campagne sur le dos des étudiants. Nous avons devant nous l'option de l'augmentation de 82% (PLQ) ou de l'indexation suivie d'une commission sur les universités qui déterminera de la suite, en discutant tous ensemble (PQ).

Je crois que même ceux qui sont favorables à la hausse et contre les étudiants doivent réfléchir aux coûts astronomiques qu'ils se préparent à faire payer pour une telle conviction. La dilapidation de nos ressources naturelles au profit d'entreprises étrangères ou amies du PLQ nous a déjà coûté des milliards. Nous devons reprendre le contrôle de la situation. Les coupes de bois sont déjà débutées à Anticosti, les bateaux se préparent à Sept-Îles pour sortir le minerai non transformé. La situation est très préoccupante pour l'avenir des générations montantes et pour l'avenir.

Les plus âgés doivent faire confiance aux plus jeunes, tel qu'ils le demandaient eux même dans les années 60. Ils doivent laisser la chance aux générations qui les suivent d'avancer. Ne faisons pas la stratégie de la terre brûlée: tout vendre et détruire avant de partir. Laissons un capital aux plus jeunes pour les aider à payer les dettes accumulées. C'est ça la sagesse. c'est ce que nous attendons de nos aînés. Ne pliez pas devant les discours qui tentent d'exploiter l'insécurité pour nous faire peur.

Ma seule conclusion possible, aujourd’hui, c’est d’appuyer madame Marois et le Parti Québécois. Elle a les compétences pour le poste et elle a une équipe très solide (sans aucun doute la meilleure et de très loin).

Son leadership vous laisse de glace? Laissons-lui la chance de nous montrer SON style comme première ministre.

Posons la première brique vers cette sortie de crise. C'est urgent.

Vous vous dites progressistes? Élisons une femme à la tête d’un parti souverainiste de centre gauche.

mercredi 6 juin 2012

Le temps des décisions

Les derniers mois ont été déterminants pour le Québec. La discussion s’est ouverte, les voix se sont élevées.  Plusieurs tentent de rester sourds à ce bruit. On se met des bouchons, on tente de bâillonner ceux qui n’en peuvent plus d’apprendre à se taire.

Nous apprenons effectivement à nous taire depuis très longtemps, trop.  Ceux qui parlent sont pointés du doigt.  Au Québec, on ne veut pas se « disputer » donc, on ne parle plus et on suit.  On suit bizarrement ceux qui nous disent de nous taire, comme des moutons font confiance à leur berger jusqu’au dernier jour…
On doit être pour le développement, peu importe qu’il pollue ou non. On ne doit pas s’opposer à des tendances qui nous poussent vers un modèle américain ou canadien, peu importe que ce soit injuste pour les plus défavorisés ou qu'il détruise la planète. On doit être pour une baisse des taxes et impôts, sinon on est communiste ou socialiste. On doit adhérer à la phrase « Tout le monde doit payer sa juste part », sans compter.  Pourtant, le régime d’imposition et de taxation n’est-il pas fait pour ça, faire payer les plus favorisés et limiter les charges des autres?

Bref, rentrez dans le rang, le marché a décidé.
Je ne suis pas de gauche, je ne suis pas de droite. J'accepte toutefois qu’il doit y avoir une répartition des richesses. J'encourage le développement, l'esprit d'entreprise, la possibilité de devenir fortuné, mais est-ce que ça doit devenir indécent? Je veux créer de l’emploi dans le respect de notre environnement et des gens qui me suivront. Je ne veux pas consommer toutes les ressources de cette planète, je ne veux pas épuiser toutes les richesses de mon pays.

La poursuite de la liberté, de la justice et cette consommation raisonnable des ressources sont le fondement d’une société progressiste.  D’un peuple qui a une vision de ce qu’il veut faire, à court, moyen et long terme.
Que voulons-nous faire?  Prendre des décisions importantes serait un bon début. Depuis trop longtemps nous vivons dans notre pays en laissant les autres choisir.  En laissant notre souveraineté à d'autres.

La situation actuelle nous blesse, car elle nous met au visage que nous ne décidons de rien. On discute, on se dispute, mais nous n’osons pas aller plus loin.  Quelqu’un nous dit de cesser de manifester, il nous passe une loi.  Plusieurs baissent la tête ou tentent de se convaincre qu’on n’avait pas le choix.   On menotte des citoyens qui marchent dans la rue au nom de la loi. Je répète, des menottes pour avoir marché dans la rue.  Croyez-vous que la personne qui roule à 150km/h se fait menotter et libérer dans un autre quartier sans sa voiture? C’est ce qui se passe actuellement au Québec, et nous, on regarde ça à la télé, tranquille.  La majorité se tait toujours, ou pire, appuie ces dérapages.
Nous devons reprendre le contrôle de notre pays. Nous devons reprendre le contrôle de nos décisions.  Nous devons dire, nous devons faire, nous devons agir.

Ce n’est pas la faute des autres, des marchés, des jeunes, des vieux, du capitalisme, des itinérants, des Anglais, des riches, des autres… Nous sommes tous, individuellement et collectivement, responsables de notre immobilisme.   

Nous sommes pris, coincés, empêtrés et engourdis par notre peur de décider. Peur de décider pour nous, nous-mêmes, sans autre responsable, sans personne qui décide à notre place. Sale habitude de laisser aux autres la décision. 

Les gens qui s’opposent aujourd’hui à la souveraineté du Québec mettent deux raisons de l’avant. La première : l’incapacité financière du Québec à devenir un pays. La seconde, plus grave, est qu’ils ne croient simplement pas aux Québécois et en nos capacités.

L’aspect économique est éludé.  La majorité des économistes s’accordent pour dire que le Québec survivrait très bien à une séparation du Canada.  Pour la seconde raison, je ne peux rien faire ou dire que de donner des exemples de réussite.  Mais quand on voit toujours le verre à moitié vide et qu’on regarde notre voisin en croyant qu’il est un bon à rien ou qu’il ne vaut pas un Ontarien, j’ai un énorme problème.
Le Québec s’en sortirait très bien hors du Canada.  Nous pourrions enfin établir nos priorités en nous concentrant sur le développement de notre économie, de nos programmes sociaux, de notre vision des choses.  Par exemple, croyez-vous normal que nous n’ayons aucun lien rapide vers l’est des États-Unis (Boston, NY)? Plus de 100 millions de personnes se trouvent à moins de 600 km de chez nous, mais nous n’avons pas ouvert d’axe économique rapide vers eux?  Le cœur du Canada est à Toronto, c’est décidé ailleurs.  Si nous avions ouvert l’axe vers le sud à partir de Montréal et Québec, ça aurait donné beaucoup trop de pouvoir au Québécois.  Est-ce normal que nous devions augmenter la répression chez les jeunes contrevenants alors que TOUTES les études et statistiques démontrent que ça aggrave le problème.

Nous ne pouvons pas refaire l’histoire, mais nous pouvons commencer la nôtre maintenant. Reprendre le crayon (ou le clavier, c’est selon) le plus rapidement possible.
Quelque chose se joue actuellement.  Le Plan nord, le pétrole d’Anticosti, du fleuve.  Qui en profitera? À part créer des emplois, je ne vois rien pour nous. J’ai l’impression qu’on veut nous payer la main d’œuvre pour sortir le trésor du pays. Pas de problème, on va chercher les meubles dans votre maison, mais on va vous payer pour aider à les sortir… 
Si nous avons un doute, laissons le trésor sous terre.  Il ne s’envolera pas.  Discutons à qui devrait profiter cet actif national.  Aux plus vieux, aux plus jeunes ou à ceux qui vont nous suivre? 

Pour le moment, on ne se pose pas la question, d’autres prennent ces décisions.  Le pétrole? Vendu. Les mines? Vendues. Du gaz de Schiste, on en a en stock, vous voulez qu’on vous le livre?
Le temps des décisions est arrivé.  Cette période passera, c’est comme une éclipse, ça passe et ça revient. Quelques fois, ça peut prendre du temps entre deux occasions. Nous n’en verrons pas beaucoup dans nos vies, pour certain c’est la dernière éclipse…

Assumons-nous, croyons en nous. Décidons.  Nous n’avons plus rien à faire au Canada.  C’est un autre pays, dirigé par des gens différents qui pensent différemment.  Il a changé en plus, notre Canada, au cours des dernières années.   
Résistons aux Libéraux et leur campagne de peur. Expulsons-les du pouvoir et élisons des souverainistes. Pas de gauche ou de droite. Des souverainistes. Une décision à la fois.

Marquons une pause sur le plan nord, cessons la répression, étudions la possibilité de nationaliser nos ressources pétrolières, éduquons nos enfants, réformons nos universités, aidons nos régions à ne pas être que des bras pour la métropole, développons l’industrie de la transformation des ressources naturelles, occupons-nous de nos aînés et faisons l'indépendance rapidement.
Par la suite, changeons notre mode de scrutin pour favoriser différentes opinions, développons le commerce avec l’est des États-Unis, améliorons les voies de communication entre les régions et les grandes villes.  Investissons dans l’énergie verte, développons nos transports en commun, augmentons notre productivité, faisons la guerre au travail au noir et réduisons la proportion de notre dette.

Développons-nous, entraidons-nous, exprimons-nous

Décidons-nous.

samedi 26 mai 2012

La fameuse juste part

Au cours des derniers mois, nous avons beaucoup entendu les gens parler de « la juste part » des étudiants. Tous devraient payer leur juste part.  La logique derrière ce leitmotiv est le consommateur- payeur. On peut l’appliquer ici à l’éducation, mais nous pourrions l’étendre aux garderies, au système de santé ou à tout autre service public.

Quand on pousse sur cette approche, on se rapproche du modèle américain dans lequel les citoyens qui veulent ces protections doivent s’acheter de l’assurance ou payer pour leur éducation ou garderies. Ici, nous avons orienté nos services publics depuis longtemps vers un modèle plus social. Soins de santé gratuits, enseignement postsecondaire à faible coût et depuis 10 ans, le système de garderie à 7$.
Nous avons beaucoup de services, en fait, nous sommes ceux qui s’offrent le plus de ce genre de service en Amérique du Nord, mais nous sommes aussi ceux qui paient le plus de taxes et d’impôts, normal, c’est notre choix.

Actuellement, deux écoles s’affrontent : les gens plus néo-libéraux (je ne veux pas utiliser de grands termes, mais bon) qui veulent la « juste part » et les progressistes, ceux qui veulent maintenir des protections sociales larges.
Ce que les gouvernements (néo-libéraux) tentent de faire actuellement, c’est de nous entrer dans la tête que chacun doit payer sa juste part, mais que ça ne s’appliquera jamais à tous et chacun, juste aux étudiants, pour le moment…  Après avoir tenté la « juste part » dans les hôpitaux avec le ticket modérateur, c’est l’éducation. Si ça fonctionne à l’éducation, on reviendra vers la santé.

C’est probablement plus nécessaire sur le système de santé vu le nombre de personnes âgées qui arrivent dans le système sans avoir payé leur « juste part » collective dans le passé. En laissant des dettes si importantes aux plus jeunes qui doivent en payer les intérêts, en plus payer pour leurs soins de santé, ce n’est pas gagné, mais c’est un autre débat.
L’approche plus progressiste me rejoint davantage. L’état réparti la richesse en tenant compte que nous sommes dans un système capitaliste et que nous avons le droit de nous enrichir individuellement.

Là ou j’accroche ces jours-ci, c’est quand on dit que ceux qui gagnent plus devraient payer pour les services offerts par l’état, mais pas les moins fortunés (frais de scolarité, garderies, etc.). Réfléchissons. Les plus riches contribuent déjà par leurs impôts pour ceux qui gagnent moins. En fait, une personne qui fait 250 000 $ annuellement retourne plus de 125 000 $ en taxes et impôts. C’est beaucoup plus que ce qu’ils reçoivent en services. Beaucoup plus. Si en plus, nous leur demandons de contribuer pour les frais de scolarités, les garderies…  C’est une double taxation de ceux qui contribuent déjà pour la majorité. Si c’est notre intention, augmentons les impôts et ne facturons pas davantage. Mais pouvons-nous, en toute justice, demander plus à ces « riches »? 
Demander une tarification des services selon le revenu, c’est accepter à moyen et long terme la disparition de nos services publics gratuits pour tous. Tous devront payer, car les plus riches n’accepteront pas de payer 50% d’impôts pour n’obtenir aucun service par l’état, logique. Nous ne pouvons nous assoir entre deux chaises. On doit choisir la voie néo-libérale ou un système plus social, dans le contexte de notre culture nord-américaine. 

Mais arrêtons de dire que les riches devraient payer plus pour la garderie ou autres services, ils paient déjà pour les autres. La juste part, c’est aussi de payer la nôtre, comme société, pas juste comme individu.
Les études supérieures sont importantes, c'est la base de la croissance, de l'évolution. Je crois que la juste part de la société devrait être importante dans ce domaine pour démontrer que c'est là que nous voulons investir, pour favoriser le développement de notre pays. Ceux qui en sortiront avec un diplôme paieront largement leur juste part, à leur arrivée sur le marché du travail.

jeudi 10 mai 2012

Grève étudiante: Laissez faire les adultes et allez vous acheter des bonbons…

Après 13 semaines de conflit, nous pouvons constater les dégâts, le résultat.  On juge les forces en présence, on commente chaque commentaire, on réagit à chaque réaction.  Chacun choisit son camp.

Quel est le débat?  Le gouvernement Charest a voté l’année dernière une augmentation des frais de scolarité qui n’aurait lieu que cette année.  Une hausse de 75 % sur 5 ans ou 82 % sur 7, selon l’évolution des choses. 

Ce n’est pas de la partisanerie que de dire que cette stratégie d’annonce, un an à l’avance, a été établit pour essayer d’éviter tout ceci.  On souhaitait que ça s’oublie, que ça passe, que ça coule.  Et ça coule…

Le débat ne date pas d’hier. Je n’en ferai pas l’historique complet ici, mais deux visions s’affrontent : le maintien ou l’augmentation de l’accessibilité par un gel ou une élimination du prix de l’éducation ou une augmentation pour que les étudiants paient ‘leur juste part’ au risque de diminuer cette accessibilité.

Ce sont des sujets sociaux importants. Les débats sociaux doivent se régler par des élections ou des référendums.  Je dis le mot sacré ici, car notre système de votation ne permet pas nécessairement à la majorité de se faire entendre.  Il s’agit d’avoir 35 % des votes dans les bons comtés et on fait ce que l’on veut (regardez ce qui nous arrive au fédéral).

Ici, le gouvernement Charest a décidé d’y aller avec sa majorité pour imposer sa vision.  Ce changement est refusé massivement par ceux qui devront payer aujourd’hui et plus tard.  Je dis plus tard ici car ces étudiants paieront environ 300 000 $ d’impôts de plus qu’un travailleur sans formation universitaire.  On leur demande donc 300 000 $ en plus de leurs frais de scolarités ‘pour qu’ils paient leur juste part’.
Quand nous voyons les universités ouvrir des campus à des centaines de kilomètres de leur campus principal, quand on constate les primes de séparation payées à l’université Concordia, quand on se rappelle l’ilot Voyageur (1 milliard en fumée), quand on élit un gouvernement qui patauge dans les scandales, comment peut-on demander aux étudiants de payer davantage?

La juste part? Ces jeunes arrivent dans une société qui a accumulé des dettes majeures au fil des années.  Le gouvernement Charest a d’ailleurs fait doubler cette dette au cours de ses deux mandats, quels beaux donneurs de leçons.  Jamais ils n’arriveront à rembourser NOTRE dette, mais ils devront en payer les intérêts.  Et maintenant, ce sont les étudiants qui devraient payer à notre place?  Ce ne sont même pas encore des contribuables, c’est une force vive, c’est notre avenir. 
Entendons-nous sur un point : 99.99 % des étudiants ne sont pas violents.  Je ne m’avancerai pas sur des pourcentages concernant nos corps policiers.  Rappelons qu’il y a presque eu des morts à Victoriaville.  Deux personnes ont perdu un œil dans ce conflit, il y a eu plusieurs hospitalisations, etc.  Des organisations internationales s’interrogent, la situation est préoccupante. 

Ces étudiants nous parlent, nous interpellent.  On n’entend pas.  Ils parlent plus fort, crient, hurlent.  On les retourne dans leur chambre.  Ils en ressortent, on leur offre 5 $ et on leur dit de laisser faire les grands et d’aller s’acheter des bonbons…
Et ce matin, le 0.01 % vient de mettre des fumigènes dans le métro de Montréal… On est offusqué.  Vous êtes surpris?  Réellement? Sincèrement?

Ils ne demandent pas la lune, ils veulent juste étudier en contrôlant leur endettement.  Oui il y en a plusieurs qui pourraient payer plus.  Mais n’oubliez pas qu’ils paieront, beaucoup.  Êtes-vous capable de payer 3 $ le litre d’essence?  On y va selon le revenu? 
Près de 80 % des étudiants universitaires travaillent 20 h par semaine.  En comparaison, juste en 2002, c’était environ 58 % qui travaillaient en moyenne 16 h par semaine. Peuvent-ils s’acheter une bière ou une sangria sans se faire condamner svp.

Le Québec offre les frais de scolarité les moins chers en Amérique (du nord).   Il offre aussi les meilleures protections sociales, le meilleur système de garderies, les services hospitaliers sans frais, etc.  Si nous cessions de nous comparer uniquement à deux pays (EU et Canada).  Pourquoi on n’y ajoute pas les pays d’Europe?  Les pays nordiques particulièrement?    
Nous avons simplement fait un choix social, nous avons choisi d’être plus progressistes, de payer plus d’impôts, mais de protéger davantage les plus démunis.  De nous appuyer les uns sur les autres pour avancer, pas dans un modèle socialiste, mais un modèle plus social.  Ce modèle doit évoluer, je vous l’accorde, mais dans quelle direction?  On élimine les soins de santé gratuits, c’est parfait, plusieurs baby-boomers y arrivent… On investit dans la santé OU dans l’éducation?  Est-ce le choix que nous devons prendre?  Moi je crois qu’il faut trouver un équilibre et que tous doivent faire un effort.  Pour les étudiants, l’effort est à venir.  En attendant, remplissons nos universités, formons notre population, évoluons.  Nous n’en serons que plus riches.

Pour conclure, le gouvernement voudra absolument sauver la face.  Donc, ils doit s'assoir avec les étudiants rapidement pour trouver une solution, car l'annulation des sessions n'est même pas une option que nous pouvons nous offrir comme société.  Le prix que le gouvernement nous ferait payer se calculera en milliards si il pousse son obstination. 2,25 milliards juste en impôts perdus plus une récession probable.  De l'entêtement qui coûte cher, beaucoup plus que ce que tout ceci peut rapporter pendant des dizaines d'années.  C'est mon prochain sujet...

Deux visions, deux approches. Un schisme s’installe. Les plus vieux veulent retrouver le calme. Les plus jeunes veulent changer les choses. Attention, ces jeunes sont notre avenir. En n’écoutant pas, en ne faisant pas l’effort de dialoguer, nous leur envoyons un très mauvais message. Vont-ils nous entendre murmurer quand nous serons plus âgés? Je vais vous surprendre, mais je crois que oui. Malgré leurs excès, leur jeunesse, leur naïveté, ils sont beaucoup plus grands que nous. Grandissons, redressons-nous, simplement.